Une manifestation européenne contre la captivité des dauphins attire une nouvelle fois des centaines de personnes

A bird's eye view of the 3rd Europe Close Dolphinaria Demonstration. Photo: Bite Back

Bruxelles – Le samedi 27 juin, l’Atomium en Belgique était une fois de plus le décor de la protestation « Europe : Fermons les Delphinariums! »

A bird's eye view of the 3rd Europe Close Dolphinaria Demonstration. Photo: Bite Back

Vue plongeante sur la 3ème manifestation pour une Europe sans delphinarium. Photo : Bite Back

O rganisée par Annelies Mullens, une militante belge indépendante, et par Bite Back, une ONG située en Belgique, avec l’aide de nombreuses autres associations européennes, c’était le troisième opus d’une manifestation devenue un événement annuel.

En silence, quelque 350 manifestants ont formé la silhouette d’un énorme dauphin et le mot ‘FREE’ (« LIBRE »), pendant que d’autres se tenaient debout juste en dessous de l’Atomium. Tous ont gardé leur position pendant une heure, en silence, offrant un spectacle impressionnant. Plus tard, des représentants de divers pays ont prononcé des discours et certaines personnes du public ont entrepris d’expliquer pourquoi il faudrait mettre un terme à la captivité des Dauphins.

The Atomium made a striking backdrop for the demonstration. Photo: Sasha Abdolmajid

L’Atomium a servi de décor saisissant pour le rassemblement. Photo : Sasha Abdolmajid

De nombreux manifestants ont parcouru de longues distances à travers l’Europe pour délivrer leur message (l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Irlande, la République Tchèque, la France, et même Hong-Kong étaient représentés). La chaleur et la convivialité de tant de personnes de même sensibilité rassemblées autour de la cause des dauphins ont créé une atmosphère merveilleuse.

Pourtant, encore tout frais dans l’esprit de beaucoup de personnes, étaient présents deux événements qui se sont produits quelques jours avant la manifestation et qui soulignent la tragédie de la captivité des mammifères marins. Le premier s’est déroulé au Marineland en France, avec le décès de l’orque Freya huit jours plus tôt, à l’âge anormalement avancé de 33 ans. Son histoire illustre à quel point les dauphins peuvent souffrir de la captivité, ce qui mène souvent à leur mort prématurée.

Capturée en milieu sauvage au large de l’Islande en 1982 à l’âge de un an, elle a été arrachée à sa famille et à tout ce qu’elle connaissait de la nature, pour faire des spectacles dans un bassin minuscule et ainsi divertir les humains au nom du profit. Elle a été utilisée pour la reproduction et a donné naissance à quatre mort-nés, ce qui l’aurait tellement déprimée qu’on lui a administré des contraceptifs et qu’elle ne pouvait plus faire de spectacles. Elle laisse derrière elle son fils unique, Valentin, qui continue à tourner en rond dans le bassin du Marineland.

Protestors stood silently in formation for one hour. Photo: Sasha Abdolmajid

Vue plongeante sur la 3ème manifestation pour une Europe sans delphinarium. Photo : Bite Back

Le deuxième événement concerne l’orque Morgan qui, après plusieurs décisions de justice, semble avoir la même destinée tragique. Le 23 Juin marquait le 5ème anniversaire de sa capture près des côtes néerlandaises. Bien que cela ait été autorisé sous des conditions de réhabilitation et de libération, il est apparu rapidement évident que la relâcher n’était pas du tout envisagé.

Elle fut finalement jugée non-réhabilitable et transférée au Loro Parque de Tenerife, en Espagne, où elle apparaît désormais dans des shows quotidiens. Le fait qu’on l’ait estimée à 18 millions de dollars a probablement influencé cette décision. Sous l’égide de SeaWorld, Loro Parque a annoncé récemment que Morgan était prête à se reproduire, ainsi tout semble être mis en place pour que cet engrenage désolant se perpétue.

A clear message from protestors, dolphins should be free. Photo: Sasha Abdolmajid

Un message clair des manifestants, les dauphins devraient être libres. Photo : Sasha Abdolmajid

Bite Back rapporte que la Directive du Conseil Européen 1999/22/EC sur la détention d’animaux sauvages en zoos exige que ces derniers offrent des conditions de vie qui subviennent aux besoins biologiques et de conservation de ces animaux. Dans le cas des cétacés, il est évidemment impossible de remplir ces exigences en captivité, puisqu’aucun bassin, aucun lagon aussi grand soit-il, ne peut remplacer la liberté de nager dans l’immensité de l’océan.

« Nous exhortons l’Union Européenne à faire appliquer de façon stricte cette directive via des lois nationales. Nous demandons également à l’Union Européenne d’interdire la captivité des cétacés (les dauphins, les bélugas, les orques etc.). Nous exigeons la fermeture de tous les delphinariums d’Europe et que les dauphins, nés libres ou en captivité, soient accueillis dans des sanctuaires marins ou, lorsque cela est possible, rejoignent des programmes de réhabilitation. »

L’organisatrice Annelies Mullens précise :

Nos tee-shirts bleus représentaient notre unité. Chaque participant au rassemblement était extrêmement important pour que nous puissions réaliser ces formes impressionnantes. Nous avons été une voix pour les dauphins captifs de toute l’Europe. Rendez-vous l’été prochain pour notre 4ème événement!

La vidéo ci-dessus montre des militants tous unis pour une même cause ~ la liberté pour les dauphins en Europe.

Il y aura une manifestation devant le Marineland d’Antibes en France le dimanche 12 Juillet à partir de 9 heures, en compagnie de John Hargrove et de Ric O’Barry, un ancien dresseur de SeaWorld. Pour plus de détails, cliquez ici.

(Avec Gaye Hunter)

Traduction française par Audrey Verdière et David Delpouy

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